lundi 13 avril 2015

Toowoomba, la ville aux jardins, nouveau tournant dans mon aventure Australienne

13 Avril 2014.

Comme un ouf de soulagement, après un peu plus de 5 semaines passées à trimer avec les forains, je prends mon courage à deux mains et leurs annonce mon départ.
Ce n'est pas tant l'annonce qui demande du courage, c'est plutôt la prise de risque qui va avec.

Je n'ai alors que très peu d'argent de côté, mais c’était le moment ou jamais.
Les prochaines étapes ne m'auraient alors pas laisser le choix que de les suivre pour un minimum de 3 semaines, voire 1 mois supplémentaire. Ils avaient prévu de prendre la route en direction de Roma, soit un peu plus de 500km à l’intérieur des terres, puis Charleville, le début de l'Outback Australien (environ 750km de Brisbane).

Je décide donc de les quitter à Dalby, 200km a l'Est de Brisbane.

Le temps de quelques recherches internet pour décider de mon prochain itinéraire.
Les forains ont eux, quitté le showground, il pleut, nous sommes le dimanche 13 Avril.

Gros dilemme, soit je retour sur Brisbane et je tente à nouveau ma chance, soit j'enquille direction Toowoomba, première "grosse" ville à proximité de Dalby.

Le risque d'aller sur Brisbane est de faire banqueroute et de repartir la queue entre les jambes en France, il en est hors de question.

J'opte donc pour Toowoomba. Je ne connais que très peu cet endroit, n'ayant passé qu'une semaine là-bas, dont la majeure partie de mon temps sur le Showground.

Avant de prendre la route, j'appelle une amie rencontré à Brisbane quelques mois auparavant. Elle serait sur Toowoomba également et m'annonce avoir trouvé du boulot très rapidement, et que je devrais, selon elle, trouver assez rapidement également, voilà qui est de bon augure.

Je book alors un ticket pour Toowoomba avec les bus Greyhound, simple, rapide, efficace.



Avant de prendre la route qui mène à l’arrêt de bus, je trouve par chance une auberge de jeunesse en surfant online. J'appelle; une personne d'un certain âge me répond, avec un accent assez atypique, pas un Australien. Il m'assure qu'il y a de la place, qu'il n'y a pas besoin de booker, il me répète sans cesse "no worries, no worries" (comprenez, pas de soucis, pas de soucis), parfait, alors ni une ni deux, je me rends au point de rendez-vous, la journée semble me sourire, même si le temps lui, n'est pas a là fête.

Le terminus n'est pas loin de l'auberge, mais avec les trombes d'eau, j'arrive sur place totalement trempé. 

L'auberge de jeunesse est semble-t-il quelque peu différente des autres. Il s'agit en fait d'une grande maison, dans un style anglo-saxon, pierres rouges et perron d’entrée donnant sur une grande terrasse, avec un backyard (arrière-cour) avec barbecue.





Le gérant, m'accueille très chaleureusement (trop?) en m'expliquant tout à la fois.
Je dois avouer que sur le moment, je suis fatigué, trempé, je n'ai qu'une envie, prendre une bonne douche et me pauser. Mais il semble avoir de nombreux plans jobs, alors je l'écoute tant bien que mal.

J'apprends ainsi que toutes les personnes qui sont ici travaillent (ce qui est une bonne chose en soit), et donc qu'il n'y a pas vraiment de turn-over comme dans les hostels de ville, où généralement les gens restent 1 voire 2 nuits et s'en vont.
Il y a 13 chambres dans l'auberge, de 2/4/6 places par chambre.

A mon arrivée, environs 15/20 personnes tout au plus, de différentes nationalités.

Un grand salon, une cuisine équipé, et comble du bonheur, une douche de qualité, ce qui me changera des douches prisent à la sauvette sur les showgrounds.
La première douche, d'une bonne grosse demi-heure avec de l'eau chaude aura été un moment de plaisir intense, je ne voulais plus en sortir.

Très vite les gens viennent me parler, je sympathise, cet hostel s'annonce comme une nouvelle expérience intéressante.



Un peu plus tard dans la soirée, le maitre de maison (qui vit sur place également) me présente à un autre Français, qui a vécu par le passé dans cette auberge.
Au fil de la conversation, il me transmet des numéros intéressants pour trouver du travail et m'indique qu'ici le meilleur plan pour trouver un job est de s'inscrire dans les agences d’intérims, et particulièrement celles spécialisées dans l'agriculture.
C'est cool, les choses ne trainent pas.
Demain à la première heure c'est décidé, je m'inscris dans cette agence d’intérim et contacte cette fameuse Ms Bond.

Au lendemain, les inscriptions sont faites, le beau temps est là, j'en profite alors pour prendre quelques jours de répit. Ms Bond m'indique qu'elle me rappelle si tôt une mission dégotée. Aux vues des retours la concernant, il semblerait qu'elle soit  sérieuse, et que vraisemblablement le travail ne devrait pas tarder à tomber.

Je prends donc mon mal en patience et décide de visiter Toowoomba, "la ville aux jardins".

Située à 120km à l'Est de Brisbane, Toowoomba se présente comme une immense  cité pavillonnaire. Bien que la ville soit étendue, et très peuplée (environ 150 000 habitants), on ne trouve ici que des quartiers de maisons, de très nombreux parcs, mais un centre ville ridicule. Cette ville-campagne se situe au sommet d'une colline de la cordillère australienne, à 700 m d'altitude, une situation géographique très intéressante...


au détour d'une rue: 


Nous sommes le 17 Avril 2014, le téléphone sonne, et là j'entends:
"Hi....This is Bond.... Miss Bond"


Ok...elle était facile celle là...mais je me devais de la faire.




samedi 11 avril 2015

5 semaines dans la peau d'un forain. Mon expérience dans le monde du Rodéo Australien

Un jour de repos aura suffit pour se requinquer et par la même occasion trouver un autre job.

L'argent appelle l'argent, ce dicton semble d'une véracité implacable chez le pays de Ian Thorpe (j'aurais pu citer Kylie Minogue, mais je pense que l'Australie n'a pas besoin qu'on lui rappelle ses heures les plus sombres dans la musique...ahah!)

En effet, à peine remis de cette expérience de 8 jours chez les fermiers, me voilà déjà reparti avec mes acolytes pour une nouvelle expérience.


Après avoir scruté Gumtree (le site de recherche de jobs), nous tombons sur une annonce qui ne pouvait mieux pas tomber, telle une providence.

Il était question de travailler pour un show de rodéo, à Kyabram (la même campagne ou nous faisions notre picking), sur un stand de nourriture.
Ils recherchaient 4 personnes, parfait, nous étions 4.
Le gros avantage d’être dans une petite campagne dans le bush Australien, aucun backpacker pour nous faire de l'ombre (...ni même d'arbre d'ailleurs...).

Après un échange téléphonique avec la tenancière (certains l'appellent la marâtre), je prends connaissance, non sans mal  (vive l'accent du bush) des tâches qui nous incombent.

Le rendez-vous est pris au Showground de Kyabram à 17h, pour une soirée de travail.

Arrivés sur les lieux, la boss nous reçois et nous dirige vers le campement.

Nous saluons tout le monde, prise de contact, et des quelques informations pour bien commencer notre shift et nous attaquons de suite.

Nous travaillons dans un camion ambulant, et nous vendons des boissons gazeuses et de la junk food (le paradis culinaire pour Australien(ne)s).




En terme de junk food voici d'ailleurs quelques spécificités propre à l'Australie.

En boissons:
Kirks (se sont des limonades)
Solo (production de Schweppes Australia, boisson gazeuse au citron)
V (boisson énergisante à la taurine, caféine, au caramel et j'en passe...)

En nourriture:
Fairy Floss = Barbe à papa  (se dit Candy Floss aux USA/UK)
Slushie= Granita en France (Barbotine en québécois)
Dagwood Dog = Corn Dog (aux USA). Pas d’équivalent en France et heureusement. Il s'agit en fait d'une saucisse de hot-dog sur une brochette, que l'on mélange dans un "batter" (c'est un mélange de Farine/oeufs/Lait ). On plonge ensuite le tout dans un bain d'huile et on fait frire.
C'est gras, écœurant, même les makrout (المقروض) du bled font office de nourriture light en comparaison.

En général les Australiens mangent ça avec de la Tomato Sauce (autrement dit du Ketchup en France), et ils en raffolent.

Nous vendons également des frites (en Australie se dit Chips, aux USA/UK French Fries).

Par ailleurs, ce que nous appelons Potatoes en français se nomme Wedges en Australie (...oui l'Australie aime inventer ses propres termes).

Tout un tas d'autres fritures dont raffolent les Australiens sont vendues ici (Chicko Roll, Spring Roll, Kebab, Kabana (autre type de saucisse), mais également donuts etc...).

La première journée se passe plutôt bien, et nous sommes plutôt busy.
Bien que la campagne soit petite et très peu peuplé, la compétition semble être assez importante, énormément de personnes sont venues ici pour assister au show.



Nous sommes dans le paradis même pour cowboys, hommes, femmes, enfants revêtissent tout l’attirail, chapeaux, chemises à carreaux, bottes et jeans sans oublier la ceinture de cowboys. Les gens marchent comme des cowboys, chiquent, crachent, et  la musique country inonde le Showground, ce n'est donc pas un mythe, ça existe bel et bien.

Ci-contre une photo prise à Merrijig
 

Après la soirée rondement menée, je discute avec la mère de famille qui semble diriger les opérations.

J'apprends ainsi que c'est une histoire de famille depuis des générations. Tout le monde baigne dans le rodéo (le père était un grand champion de rodéo) et le fils, une montagne de muscles, est lui aussi un grand champion (il a représenté l'Australie plusieurs fois sur des compétitions internationales, aux USA, en Nouvelle-Zélande, et à travers toute l'Australie).
Cette petite famille travaille ensemble avec la belle-fille (petite amie de la montagne qu'on a surnommée SOLO, en référence à la boisson gazeuse) et Lynchie (un ami de la famille, lui aussi rider, mais sur taureau).

La mère m'explique le topo et m'indique qu'ils sont itinérant, et voyagent de campagnes en campagnes à travers toute l'Australie, au rythme des compétitions de Rodéo de leur fils.
De temps à autre ils assurent aussi l’intérim dans des parcs d'attractions ayant également de grands camions avec des stands de jeux à disposition.



Le deal est le suivant, si nous les suivons, ils nous promettent le logement, la nourriture, un peu d'argent de poche (lors des soirées de travail) et la possibilité de signer mes jours pour mon second visa (je rappelle qu'il me fallait à ce stade encore 80 jours de travail dans les régions agricoles).

Après 5 semaines chez eux, le constat était en effet tout autre.
La vie de forain, puisqu'il s'agit en fait de ceci, est une vie liée au travail.
Ici c'est vivre pour travailler, et travailler pour vivre.
Les journées commencent à 7h du matin, et terminent quand le boulot est fini, soit 20-21h quand nous ne sommes pas en représentation, et 00-01h du matin quand nous sommes sur les Showgrounds.

Durant notre séjour dans leurs maison, je dors dans une cabine en bois, de l'espace d'une couchette, avec mes amis les araignées.
Quand je suis en vadrouille sur les Showgrounds, je dors dans une tente dans un premier temps, puis dans une cabine montée derrière le stand de jeu que j'ai tenu par la suite.

Autant dire que la vie n'avait rien de simple. Bien évidemment, comme il y avait toujours quelque chose à faire, nous n'avions pas de jours de repos. En gros nous étions payés $300 par semaine pour minimum 70/80h de travail, 7j/7.

Alors certes, dit comme ça très peu oseraient se lancer ce pari un peu débile de bosser pour eux, dans ma condition financière, on relativise, et on prend ce qu'il y a à prendre.

L’expérience a été cela dit très enrichissante, et m'a permis de pouvoir prolonger mon séjour Down Under, car sans ça, je serais surement en France à l'heure où j’écris ces lignes. Multiples sont les activités que nous avons eues, nous avons effectivement bourlingué de villes en villes, de campagnes en campagnes (voir en fin de post), et j'ai pu ainsi tester différents métiers que je n'aurais sans doute pas fait en France.

Mon niveau d'anglais étant plus avancé que mes comparses, je prend très vite différentes responsabilités, ainsi après avoir vendu de la nourriture sur le stand, je m'occupe de gérer un stand moi même, il s'agit d'un stand de jeux pour enfants, crée alors pour l'occasion.

Je vais également faire un cours passage sur un stand de "barista" ou je vends des cafés, cappuccino etc...

Lorsque nous ne sommes pas en représentation, nous devons entretenir notre outil de travail, ainsi nous passons nos journées à réparer les camions sur lesquels nous travaillons. Au programme, nettoyage, perçage, mécanique, ponçage, peinture (poncer et peindre un 38T sous le cagnard, ça vous forge un homme!). C'est d'ailleurs à cette occasion là que Pokémon 1 s'est fait porter pâle. Nous ne sommes alors plus que 2 sur 4 à continuer la route avec les forains.


Cette aventure avec les forains a commencé le 7 Mars 2014 et a pris fin le 13 Avril 2014.

En quelques chiffres et quelques villes cela donne:

07 Mars 2014 - Kyabram Rodeo, (VIC)
08 Mars 2014 - Merrijig Rodeo, (VIC)
09 Mars 2014 - Merrijig Rodeo, (VIC)
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10 Mars, direction Yerong Creek (NSW), la maison des forains. Semaine dédiée à l'entretien des camions et la préparation pour les prochains Rodéos.


 
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15 Mars 2014 - Forbes Rodeo, (NSW)
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16 Mars 2014 - Retour sur Yerong Creek. Gros check-up complet des camions, entretien du terrain et de la maison, pas de retour prévu avant plusieurs mois pour la famille.
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20 Mars 2014 - Ballarat, (VIC). Réception des stocks de marchandise, préparation du show qui aura lieu dans 2 jours.
La journée étant plutôt relax, nous en profitons alors pour passer une nuit à Melbourne pour se divertir et s’aérer l'esprit. Même si cela ne fait que 3 semaines que nous avons quitté Melbourne, ce retour en ville est assez étrange, comme une impression d’être "Un Indien dans la ville". Ces 3 semaines à camper et travailler dur, que ce soit en ferme ou avec les forains s'opposent totalement au rythme qu'impose cette ville, relativement laidback en soit. Toutes ces voitures, et ces buildings me semblent alors magnifique. Je regarde à droite, à gauche, comme s'il s'agissait de ma première fois dans une ville. Étrange sensation.
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22 Mars 2014 - Ballarat Rodeo, (VIC
Dernière date dans le Victoria, cap dans le Queensland pour la suite. 
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25 Mars 2014 - Goodiwindi Rodeo (QLD)
26 Mars 2014 - Goodiwindi Rodeo (QLD)
27 Mars 2014 - Toowoomba Showground, (QLD)
28 Mars 2014 - Toowoomba Showground, (QLD)
29 Mars 2014 - Toowoomba Showground, (QLD)
Petit fait intéressant, la chaine de télé 7 fait un reportage à l'occasion de l’évènement qui se déroule au Showground de Toowoomba. Après une semaine exécrable (1m de précipitations en quelques jours), l'activité est au plus bas, excepté sur mon stand, où c'est la folie! Ça attire la télé, qui alors attire les gens a son tour...assez drôle!!!


voici une image de mon stand de jeu:


30 Mars 2014 - Toowoomba Showground, (QLD)
31 Mars 2014 - Toowoomba Showground, (QLD)
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1er Avril 2014. Nous obtenons enfin une journée de repos, cap sur Brisbane.
Je fais alors visiter ma ville Australienne préférée à mes compagnons de galère.
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2 Avril 2014 - Toowoomba Showground, (QLD)
3 Avril 2014 - Toowoomba Showground, (QLD)
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Du 4 au 7 Avril 2014, les festivités sont termin
ées mais nous restons sur le Showground, atelier peinture, nous avons un grand camion qui sert d'attraction pour enfants, il est temps pour nous de le poncer entièrement et de le repeindre, un travail titanesque (surtout vu l’état de l’épave!).


Ci-contre une partie dudit camion:




7 Avril 2014 - Goombungee Showground, (QLD)
8 Avril 2014 - Goombungee Showground, (QLD)
9 Avril 2014 - Dalby Showground, (QLD)
10 Avril 2014 - Dalby Showground, (QLD)
11 Avril 2014 - Dalby Showground, (QLD) 
12 Avril 2014 - Dalby Showground, (QLD)



En kilomètres cela représente: 

Kyabram - Merrijig - 185km
Merrijig - Yerong Creek - 281km
Yerong Creek - Forbes - 292km
Forbes - Yerong Creek - 292km
Yerong Creek - Ballarat - 492km
Ballarat - Goondiwindi - 1418km
Goodiwindi - Tooowoomba - 223km
Toowoomba - Brisbane - 125km
Brisbane - Toowoomba - 125km
Toowoomba - Goombungee - 36km
Goombungee - Dalby - 73km
 
Total parcouru  = 3542 km soit 3x la taille de la France du Nord au Sud.


Le 13 Avril 2014 au matin, j'aide les forains à démonter les stands, et je décide donc de prendre congé, il est temps pour moi de tourner la page et de trouver une nouvelle aventure, retour prévu sur Toowoomba en début d’après-midi.
 





vendredi 10 avril 2015

Pears Picking, ma 1ère expérience dans une ferme Australienne!

27 Février 2014:

Ça y est c'est parti, aujourd'hui la journée s'annonce longue, fatigante, mais quelque par rassurante.
J'ai enfin dégoté mon premier "vrai" job .

Après une première nuit dans le Caravan Park de Merrigum, le réveil à 4h30 du matin pique un peu.
A cette période de l’année, bien que les journées soient encore chaude, surtout dans les campagnes, les matinées sont quant à elle, déjà très fraiche, le contraste vous remet les idées de suite en place.

Je dors pour ma part dans une tente 2 places avec Pokemon 1.
Pokemon 2 a lui, sa tente 1 place, et Pokemon 3 dort dans sa voiture .
 
5h30 du matin, nous prenons enfin la route du champ du paysan rencontré la veille.
Nous sommes à Kyabram, petite campagne à 25 minutes de route de notre Caravan Park.

Le paysan, du nom de Joe, nous accueille comme prévu.
Il s'agit d'une exploitation familiale, tenue par une famille Italienne implantée depuis des générations en Australie.
Lui, comme son frère rencontré, est très petit, un peu trapu, et des mains aussi douces que des éponges spontex, il te casse les doigts en te serrant la main.
Même s'il ne mesure pas plus haut qu'une bin, et qu'on peine à le voir quand il est sur son tracteur, je ne me frotterais pas à lui.

Il nous donne nos sacs, nous grimpons sur son tracteur, et nous voilà partis pour découvrir la parcelle de terrain que nous devons faire aujourd'hui.

Mon job consiste à cueillir des poires.  La cueillette est un bien joli mot, vu qu'en réalité il s'agit pour moi d'aller le plus vite possible, tout en prenant les plus jolis fruits, sachant que nous sommes payés au rendement ( avec les 3 Pokemons avec qui je fais équipe.), il ne faut donc pas trainer.

Nous sommes payés $39 la "bin".  Une "bin" correspond à environ 450kg, ce à quoi il faut retirer les taxes et diviser par 4 (vu qu'on forme une équipe).
En gros, soit tu bosses comme un robot, soit tu n'as que tes yeux pour pleurer (à part si le soleil a réussi à assécher tes larmes).

Je retrouve mes amies laissés à St Kilda, oui, ces petites bestioles qui adorent se coller à ta peau, je parle bien sûr des MOUCHES.
Vous vous rappelez, à St Kilda, elle sont deux, trois, et ne te lâchent plus de la journée, soit.
Ici, elle sont deux, trois....cent! Oui, l’échelle est pour le moins différente.
Elles aiment se foutre dans ta bouche si tu l'ouvres trop, derrière tes lunettes, dans tes oreilles, elles sont...très tactiles.

Nos journées s'enchainent à raison de 10h par jour histoire d'optimiser nos rentrées d'argent (dans les bons jours nous prenons $80 par personne ce qui est absolument ridicule.)

Nous organisons nos pauses à notre bon vouloir, on se laisse généralement 30 minutes sur les coups de midi.
Au programme, sandwich au thon ($0.99 la boite de thon John West) + pain de mie Coles premier prix ($0.85 le pain)



 Tout est bon pour faire des économies. Je ne vous explique pas l'état de mon estomac.

Pendant ces moments de répit, nous en profitons généralement pour regarder dans les environs, accessoirement prendre quelques pommes sur les arbres voisins (elles sont vachement bonnes elles, contrairement aux poires).

Nous avons vus à maintes reprises des douilles sur le sol, fort à parier que le père Joe ne se fait pas prier pour shooter quelques uns de ces oiseaux qui viennent piller les récoltes.

Il avait pour habitude de gueuler "Do not damage my pears!" (n'abîmez pas mes poires) dans son bon accent Australien du bush, pour peu qu'on arrache les poires sans les queues, un moment de franche rigolade à chaque fois.

Pour plaisanter il aimait nous avertir que si nous ne l’écoutions pas il se pourrait qu'il utilise sa carabine à d'autres fins. Ahah, sacré Joe!

Voici un aperçu en images de nos aventures chez la famille Cricelli.


Lever de soleil quand nous commençons le travail.


Notre torture quotidienne!


 En présence de Pokemon 1 (sur la gauche), avec notre bin, derrière.


Pokemon 3, sur son arbre perché: 


Les fameuses bin en question.



Après exactement 8 jours de picking, et quelques sous en poche, notre aventure de picking s’arrête ici.
Il est donc temps pour nous, et surtout pour moi de trouver un autre boulot.

Mais avant cela, nous nous accordons une journée de pause bien mérité.
Il faut beau, nous avons réunis assez d'argent pour pouvoir nous payer quelques bières, et faire un barbecue.

L'aventure sur Merrigum touche donc à sa fin, nous sommes alors le 4 Mars 2014.

Nota bene: Petit fait intéressant, c'est au Caravan Park de Merrigum que j'ai découvert ma première Redback, cette araignée pas plus grande qu'une phalange de la main, ultra connue pour être l'une des plus dangereuse au monde. Mais nous y reviendrons dans un ticket spécial sur les animaux dangereux en Australie.





mercredi 8 avril 2015

Cap sur la Yarra Valley

Nous sommes le 25 Février 2014,

Cette date marque le tournant dans mon aventure Australienne!
Après 3 mois passés dans les 3 principales villes d'Australie que sont Brisbane, Sydney et enfin Melbourne, il est temps pour moi de m'attaquer aux régions un peu plus agricoles.

Les chances de trouver un emploi digne de ce nom dans les villes n’étant pas au mieux, et mon compte en banque étant en chute libre, il était pour moi plus que vital de trouver un moyen de m'extirper de tout ce vacarme citadin.

Avec trois autres français (un que j'ai pris sous mon aile) et deux autres rencontrés par le biais du net, appelons les Pokemon 1, 2 & 3, nous partons en voiture explorer les environs de la Yarra Valley afin de trouver notre première mission Picking tant attendue!

La Yarra Valley est une région agricole qui commence après 1h de route au Nord-Est de Melbourne.

N'ayant initialement pas de plan nous nous lançons plus ou moins à tâtons.
L'ambiance est bon enfant, dans la voiture nous faisons connaissance.

Après plusieurs kilomètres dans la campagne, nous essayons directement de rentrer en contact avec des fermiers voir si la chance pourrait nous sourire.

Par le biais de ces rencontres impromptues, nous nous retrouvons à déguster du vin chez un caviste.

Ma première dégustation de vin Australien, autre que le fameux goon.
J'ai presque honte de le dire, mais les vins dit de "qualité" ne sont guère mieux.

L'Australie a définitivement du retard en matière de vin (Ô, Pommerol...)

Après avoir glané quelques infos ça-et-là, nous prenons route en direction de Shepparton,  2h plus au nord.

Nous savons par le biais de plusieurs autres backpacker ainsi que les recherches effectuées sur le net que Shepparton est le point de départ vers de nombreuses fermes, en espérant y trouver un peu plus que dans la Yarra Valley, à cette période de l’année encore très calme.

Arrivés sur Shepparton, nous nous lançons à l’assaut de différentes agences pour l'emploi, ayant eu vent entre temps d'une éventuelle possibilité de travail en tant que "packer" (= travailler à l'emballage) dans une "eggs factory" (= usine agricole de collecte d’œufs de poules).

Une fois sur place, nous postulons tant bien que mal, car pour le moment l’activité semble être tout aussi calme.
Ce n'est pas peine perdue, la bonne femme nous donne quelques numéros de téléphone et adresses où nous devrions nous rendre demain matin à l'ouverture, histoire d'optimiser nos chances.

Nous voici donc à la recherche d'un logement pour la nuit.

Après quelques tours dans les forêts avoisinantes , à l'affût d'un spot où nous pourrions poser notre tante, nous rebroussons chemin, les terrains ont l'air plutôt hostile, on ne va pas risquer notre peau juste pour une nuit. En Australie, une chose à savoir, si vous ne voyez personne camper, posez-vous des questions.

Après quelques recherches effectuées sur nos portables, nous trouvons un Caravan Park nous acceptant pour la nuit à raison de $15 pour planter notre tante.

Je passe donc ma première nuit de camping depuis mon arrivée En Australie.


26 Février 2014,

6 heure pétantes, nous nous levons, aujourd'hui s'annonce comme LA journée primordiale.
Il existe sur Shepparton une agence, un peu comme une agence d’intérim, qui sert de relais entre les fermiers et les employés.
Si nous voulons optimiser nos chances, nous devons être là-bas dès l'ouverture, en tête de liste, afin de postuler pour d’éventuelles offres de picking/packing dans les champs voisins.
La concurrence pouvant être rude et les places chères nous décidons d'y aller en avance en cas d'une éventuelle file d'attente.

Même si l'ouverture n'est fixée qu'à 8h30, nous y sommes depuis 7h30 du matin.

Nous semblons être chanceux, pour le moment personne n'est là; est-ce un bon signe??? Nous verrons plus tard...

Plus l'heure d'ouverture se rapproche, plus les personnes affluent, finalement nous avions vu juste, même s'il n’était pas encore question d'affluence record.

Arrivés au comptoir, une femme nous accueille, je m'adresse à elle.
Nous feignons tous d'avoir de l’expérience dans le picking histoire d’accroitre nos chances, j'essaie quant à moi de nous vendre tant bien que mal avec les quelques réflexes de commercial que j'avais en moi.

Après nous être inscrit auprès de cette femme, nous avançons dans les rues de Shepparton, à l’affût de la moindre offre possible, des fois qu'au hasard d'un coin de rue, 4 hommes Français puisse être le salut de ces paysans...On peut toujours rêver.

Après quelques heures à airer dans la ville, nous voici "sauvés par le gong".
Je reçois un appel, il s'agit de la femme de l'agence qui nous demande si nous sommes intéressés pour bosser dans une ferme, à Merrigum, une petite campagne à 40 minutes de route de Shepparton, pour faire du picking de poires, si oui, nous devons nous rendre au plus vite dans son agence afin de finaliser les choses.

Ce moment là sonne comme le soulagement ultime. Nous avons l'air de 4 débiles déambulant clopi-clopant au milieu de Shepparton, sautant dans tous les sens, avec un smile  email diamant. Ça y est, c'est fait, j'ai un JOB en Australie...

mercredi 1 avril 2015

La White Night de Melbourne...en guise d'au revoir!

Nous sommes le 22 Février 2014!

Ce week-end sera mon dernier sur Melbourne, ce mardi 25, je pars à la conquête des fermes environnantes, histoire de renflouer les caisses bien entendu, mais aussi pour commencer à accumuler des jours de travail dans l'agriculture, condition sine qua non pour l'obtention de mon second visa (88 jours sont nécessaires).



Chaque année à cette même période, Melbourne organise un évènement gigantesque du nom de WHITE NIGHT, traduction littérale, la "nuit blanche".

A l'origine, cette fête est inspirée entre autres par un évènement créé en 2002 à Paris (cocorico!), dont le but était d'ouvrir la culture à tous, pendant toute une nuit (gratuité dans les musées, concerts organisés et différentes manifestations).


En termes d’activités, la White Night se rapproche cela dit bien plus de la traditionnelle "fête des lumières", fête créée à Lyon dès 1852 (...juste histoire de taquiner mes lecteurs parisiens).

En effet tout est basé sur les jeux de lumières, les rues, les bâtiments sont éclairés, et des films sont projetés sur les principaux édifices de la ville.

Cet évènement commence à 19h et se termine à 7h du matin, 12h pendant lesquelles multiples artistes se relaient sur différentes scènes, entrainement des milliers de gens d'un bout à l'autre de la ville.

En terme d'affluence il faut compter plus de 300.000 personnes présentent ce soir là, une ambiance qui n'est pas sans rappeler les sorties de matchs de foot, quand des centaines de milliers de personnes se pressent dans les rues, sauf qu'ici il s'agirait d'un très grand stade de foot.

Des stands sont présents, des enfants chantent, on s'alcoolise, on se nourrit, l'After se fera donc chez des amis...

Un charmant dernier petit week-end, voici quelques clichés:








En conclusion, même si je n'ai pas bénéficié d’énormément de chance en terme d'emploi, Melbourne reste quand même une ville très appréciable et atypique, un au revoir certes, un adieu peut-être pas, qui sait?